Le jour où Paul Verhoeven et Sharon Stone ont réveillé les bas(-ic) instincts des spectateurs



Mai 1992, Basic Instinct sort sur les écrans et provoque un séisme mondial. Son héroïne, une blonde incendiaire encore méconnue du grand public, devient une star en un festival cannois.


Mais ce n'est pas seulement grâce à l'intelligence et à la justesse de son interprétation de psychopathe. C'est une scène cul(te) qui l'a fait entrer au panthéon hollywoodien. Paul Verhoeven filme Sharon Stone sans culotte, à son issue, pendant une seconde où elle décroise ses jambes, et qui a été mise sur pause par des milliers de spectateurs depuis.


Problème, la partenaire de Michael Douglas à l'écran, a révélé bien plus tard ne pas avoir été mise au courant des plans du réalisateur. Elle a ainsi déclaré : « Verhoeven m'a demandé de retirer ma petite culotte blanche car on la voyait à la caméra mais il m'a promis qu'on ne verrait rien au final. Ce n'est que des semaines plus tard que Paul nous a projeté le film terminé avant d'aller au Festival de Cannes. Quand j'ai vu la séquence, je me suis sentie trahie. Je me suis levée et je l'ai giflé ».


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La femme fatale a aussi ajouté à propos de ce film subversif et de cette fameuse scène. « J'étais une simple comédienne américaine en arrivant sur la Croisette... J'étais une star mondialement connue en repartant du Festival », a-t-elle ajouté, basiquement.


Dans ses mémoires sorties en avril dernier (La beauté de vivre deux fois), Sharon Stone pointait cependant du doigt les les comportements abusifs du réalisateur, de ses agents et des producteurs. Elle explique avoir dans un premier temps refusé de retirer sa culotte pour tourner la scène. Puis, Verhoeven lui aurait assuré que la caméra ne filmerait pas son intimité, ce qui l'a convaincu d'accepter. Quand elle s'est aperçue lors du visionnage qu'aucune censure n'avait été réalisée, elle aurait giflé le réalisateur de Showgirls avant de vouloir engager une procédure légale (qu'elle abandonna). De quoi rendre, a posteriori, la scène beaucoup plus glaçante qu'érotique, rejoignant la longue liste des moments "me too" du cinéma.

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