La playlist de Basile Di Manski


Photo : Clément Delmas.


En cinq ans, le prolifique Basile Di Manski a déjà sorti plusieurs EP's et un album (chez Pain Surprises), avant que ne paraisse son nouveau disque publié ce mois-ci, Les Nouveaux Quartiers. Son univers oscille entre pop, chanson, trap et r'n'b avec des paroles aussi naïves que poétiques à l'image de son single "Les Parents" dans lequel il s'interroge sur la jeunesse de ses géniteurs. On aime aussi son imagerie flirtant avec le kitsch vintage des 80's (la superbe pochette de son nouvel album) et une modernité mélancolique très urbaine. Sa fantaisie teintée d'absurdité peut le rapprocher d'un Philippe Katerine nouvelle génération, même si son audace dépasse toute étiquette. A l'occasion de la sortie des Nouveaux Quartiers, il nous fait part de sa playlist du moment qui nous plonge vers des horizons éclectiques.

Lana Del Rey - "Venice Bitch"

" Quand on ressent cette fameuse l’impression d’avoir "déjà entendu ça quelque part", c’est souvent qu’on est face à une grande chanson. J’aime « Venice Bitch » parce que c’est un hymne à la Californie dans ce qu’elle a de plus ambiguë. Le titre commence en douceur puis part en vrille totale. On passe des 70’s de Joni Mitchell à la noirceur des 90’s de John Frusciante en presque 10 minutes. J’aime bien l’idée qu’une artiste comme elle propose des formats de chansons aussi déglingués et spontanés." Sen Senra - "Perfecto"

" C’est l’un des morceaux que j’ai écouté en boucle pendant le deuxième confinement. Sen Senra pousse la musique urbaine à un niveau de sensibilité inégalée en Espagne (du moins à ma connaissance). Il a atteint un point d’équilibre paradoxal, tout en tension et en douceur à la fois . Il a un univers visuel hyper élégant et à la marge de tous les clichés qu’on retrouve encore très souvent dans les musiques urbaines. Il marche seul à la campagne, presque grunge dans l’attitude. Il s’en fout." Kareem Ali - "In My Spaceship"


" Je me suis endormi avec ce track dans les oreilles des dizaines de fois. On se sent toujours bien dans les morceaux de Kareem Ali. Il y a un mood hyper réconfortant qui flirte avec l'ambient, la house de Détroit et l’été à la tombée de la nuit. C’est l’un des producteurs les plus prolifiques du monde (7 albums et 13 EP's en environ un an). J’imagine que pour arriver à sortir autant de morceaux il doit en jeter très peu. C’est une forme d’écologie de soi-même que je trouve très intéressante et dont je cherche en ce moment à me rapprocher." Michel Jonasz - "Les Années 80 commencent"

"’C'est l’un des titres les plus dingues que je connaisse. Michel Jonasz s’adresse à la fois à ses descendants et à ses ancêtres, sur un mélange de jazz intello et de variété française. Il fallait avoir le cerveau d’Enstein pour résoudre ce genre d’équation. En même temps c’est hyper poétique, ça évoque les grandes villes, la croissance économique des Eighties. Il faut voir la pochette où « Michel Jonasz » est écrit sur les parois des Mercuriales à Paris… C’est génial.


Luidji - "Nazaré"

" J’ai découvert Luidji l’année dernière et je trouve qu’il propose un truc assez unique en France. Il a ce flow hybride, mi- chanteur mi-rappeur, avec des paroles parfois assez abstraites et poétiques. Il parle souvent de la mer, de surf – c’est des thèmes que j’adore et que je retrouve toujours avec encore plus de plaisir quand ils sont abordés hors des musiques folk ou psychés."



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