Interview et playlist : Joanna


Photo : Louis Lekien


A 21 ans, Joanna est l'une des étoiles montantes du r'n'b français, mêlant trap, pop et univers visuel fort. Une imagerie à la fois futuriste et très 90's/2000's nourrie par des années de solfège, des cours de piano et des études d’histoire de l’art et de cinéma. Elle a finalement quitté la fac pour se consacrer à la musique. Et le succès de son single "Séduction", lui a donné raison. On a adoré son morceau onirique "Maladie d'amour." Après son morceau "Viseur", un tube, produit par deux poids lourds : Noxious (Ninho, Maes,...) et mixé et masterisé par N.KF (PNL, Booba), elle est revenu avec un single en featuring avec Laylow, "Démons". Puis un morceau et un clip à la fois onirique et très sexuel : "Sur Ton Corps". L'occasion de demander à Joanna ce qui tourne sur sa platine, avant, la sortie d'un album prévu pour le printemps 2021.

Maud Geffray ft. Flavien Berger - "In your eyes"

" Rien que pour que les accords qui me donnent des frissons et pour les paroles : «  what you hide is what you show »"

Sevdaliza - "Human Nature"

" La composition est incroyable, c’est un morceau qui me marquera à jamais, sans parler de la performance vocale avec l’auto-tune »

Miles Davis - "Portia"

"J’adore Miles Davis. Cette chanson me met dans un mood "horny". Je me sens comme une femme fatale archi intelligente."


Rose McGowan - "Now You’re Here"

" La première fois que j’ai écouté ce morceau, je l’ai écouté en boucle pendant trois jours. Les notes me touchent droit au cœur et l’univers me fait oublier que je suis un humain."

Headie One x Fred again ft. FKA Twigs - "Judge Me" (Interlude)



« Cette chanson me touche beaucoup, les paroles sont simples mais avec l’émotion, la prod et les notes, elles deviennent ultra puissante « don’t judge me take care of me, don’t judge me take care of my heart ». Ça me rappelle un sentiment que j’ai déjà ressenti, celui d’être jugée ou d’avoir jugé la personne que j’aime du plus profond de moi. Et le truc c’est qu’il faut accepter que la personne que tu aimes ne t’appartient pas, qu’elle est différente de toi malgré les points communs, et que parfois elle a juste besoin d’être aimée, pas d’être jugée."

Jul - "Ce soir"

" La première fois que j’ai écouté cette chanson, j’ai vrillé, j’ai dansé comme une ouf dessus. J’ai adoré le parti-pris qu’il a fait avec ce morceau. Il peut parler à tout le monde, la mélodie rassemble."

Laylow - "Logiciel Triste"

" Déjà, j’ai été choquée par la créativité de l’album, merci Laylow de décloisonner le rap français. Ce morceau est magnifique, il donne envie d’assumer sa sensibilité et de le crier à tout le monde."

Grace Jones - "Victor Should Have Been a Jazz Musician"

" J’adore le storytelling, et l’image qui se dégage de cette chanson. Je suis fan de Grace Jones aussi by the way."

Mylène Farmer - "XXL"

" Petit bonus, juste pour dire « qu’on a besoin d’amour »"


Quelques clips de Joanna :



4 questions à Joanna :


Tu as sorti un morceau et un clip Sur ton corps où tu parles de désir, de sexualité, de respect. Quelle était l'idée derrière ce titre et l'envie de faire appel à des acteurs porno ?

J’ai voulu mettre une couche de poésie sur la thématique du sexe. C’est vraiment un sujet sur lequel je trouve le plus mes mots, c’est dingue. J’ai eu envie de créer un espace hors du réel et capturer un instant amoureux. Il y a un côté onirique, et parce que derrière qu’il y a un œil de femme qui n’a pas envie de montrer une performance sexuelle masculine mais plutôt un acte réaliste. Leolulu sont le couple parfait pour illustrer la phrase du refrain : « violence au goût de miel, c’est un oxymore »…


Tu as abordé dans plusieurs de tes morceaux, le désir sexuel, qu'est-ce qui t'as permis de te sentir libre de le faire ? Qu'est ce qui t'a donné confiance en toi sur le sujet ?

J’ai la sensation que c’est un peu ancré en moi : j’ai grandi avec des amis très peu pudiques et je pense que ça a joué sur ma vision des choses. J'ai commencé à écrire par besoin de m’exprimer sur des choses tabou. Et naturellement je l’ai implanté dans ma musique.


Sur le titre "Pétasse", tu renversais les codes. Les femmes artistes ou pas, sont trop souvent victimes de slut shaming et d'agression sexuelle. Qu'est ce qui t'avais poussé à écrire ce morceau ?

Une expérience personnelle m’a poussé à en parler. J’ai tellement mal vécu le sentiment d’impuissance autour de ce qu’il s’est passé, le fait qu’on ne réagisse pas, qu’on remette en question ma parole et la culpabilité du mec qui m’a harcelée. C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour faire quelque chose. J’avais vraiment la sensation qu’il n’y avait rien à faire, aucun endroit safe pour qu’on m’écoute, qu’on me croit et qu’on me donne les clés pour comprendre que ce n’était pas normal. L’idée que toutes mes amies aient vécu des agressions similaires voire pires m’était insupportable. J’avais besoin de dénoncer.


On sent dans ton univers, surtout visuel, une influence 90's/2000 même si elle est aussi moderne et futuriste. Qu'est ce que tu aimais dans ces années là ?

C’est un mélange de plein de choses, que je ne pense pas conscientiser vraiment. C’est sûrement parce que j’ai grandi dans ces années-là, j’en suis imprégnée. Il y a vraiment des sonorités spécifiques de cette époque, et notamment une extravagance qui revient aujourd’hui, et que je trouve inspirante.

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