• Elodie Chalandre

Utile ou dérangeant ? Quand Instagram décide d'aider à identifier les morts


Photo : Fault Magazine

« Nameless Does », c’est un compte Instagram étonnant : il aide à identifier les morts sans nom. En effet, parfois, les cadavres retrouvés ne sont pas identifiés et leurs images sont peu diffusées. Un problème auquel s’est attaqué un jeune Canadien.

L'idée est née au Canada. Lancé début 2019 par un jeune homme du pays, Adrian Starevich, le compte Instagram " Nameless Does " compte déjà 132 000 abonnés. Sa mission ? Retrouver l'identité de corps dont on ignore tout. Starevich raconte dans une interview accordée à la presse locale: : « ça n’existait juste pas. J’ai rencontré le problème des corps non identifiés à travers des forums et des endroits obscurs d’internet ». Auparavant, les autorités publiaient déjà les photographies des défunts mais aucun média ne les relayait. Les images publiées sur le compte proviennent d’organisations comme le service de police de la ville de Montréal (SPVM).

L’instagrammeur à l’origine de « Nameless Does » insiste sur l’importance des clichés et surtout des visages : « On pense que la photo est vraiment quelque chose qui va aider à l’identification. On essaie de choisir plutôt les cas où elles montrent clairement visage de la personne ». Depuis le lancement du compte, six corps ont été identifiés. A chaque fois, une personne qui pense reconnaître un défunt est redirigée vers les autorités.

Les réseaux sociaux et particulièrement Instagram qui valorise l’image plus que le texte, sont sujets à de nombreuses critiques. Souvent, ses détracteurs qualifient le réseau de « superficiel », mais s’il vient à aider les enquêteurs, le réseau devient alors des plus utiles. Sauf que le concept fait tout de même un peu froid dans le dos. C'est à la censure du réseau social que le compte doit faire face. Le réseau accepte ainsi la diffusion de photos de personnes défuntes, mais un sein de femme ne passe toujours pas. Si le pourcentage de chair est trop élevé, l'image sera en effet censurée par l’algorithme d’Instagram. Entre Eros et Thanatos, la plateforme semble avoir fait son choix. Elodie Chalandre, journaliste, étudiante à l'IEJ

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